Les journalistes vont maintenant recevoir des versions cinématiques des jeux qu’ils testent

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Dans « jeux vidéo », ils ne s’intéressent qu’à la partie « vidéo ».

Sekiro cheat slow mod

Quand Miyazaki, le réalisateur de Sekiro : Shadows Die Twice, a regardé les titres des articles sortis sur son jeu dans la presse spécialisée anglophone, il s’est dit étonné. Tous les gros sites titraient des articles du genre « Pourquoi le jeu serait mieux avec un mode facile », « Un mod permet de tricher en ralentissant le jeu, j’ai enfin pu avancer ». Miyazaki étant plutôt dégoûté, après Sekiro 3 : No More Shadows il quittera l’industrie du jeu vidéo et continuera son histoire sous forme de dessins animés pour enfants tels que Mon Voisin Sekiro.

Mon Voisin Sekiro Totoro Miyazaki

C’est un problème récurrent dans l’industrie : comment des journalistes aussi mauvais dans leur propre domaine peuvent-ils juger des produits faits pour un public hardcore ? Souvenez-vous de la vidéo de Polygon sur DOOM dans laquelle le journaliste n’arrivait pas à viser des Zombies immobiles. On se rappellera aussi avec un sourire un coin de ce fameux passage où on journaliste de VentureBeat galère à passer le tutoriel de Cuphead… du grand art !

Beaucoup de journalistes américains refusent de considérer que les jeux puissent s’adresser à un public différent qu’eux, et demandent à ce que toute l’industrie se plie à leurs attentes.

Afin de satisfaire ces juges auto-proclamés du bon goût, les développeurs de jeux vidéo vont dorénavant produire des versions sans gluten sans gameplay de leurs jeux. De longues cinématiques… un film, quoi. Cela devrait grandement aider les journalistes à  « finir » les jeux et à en parler, alors que jusqu’à présent la plupart restaient coincés au didacticiel.

Sekiro Shadows Die Twice Sans Gluten Sans Gameplay

Afin de comprendre pourquoi les journalistes sont si mal qualifiés pour traiter de jeux vidéo, The Simulation a lancé une grande enquête et a contacté plusieurs professionnels du secteur.

« J’ai commencé ma carrière dans la politique, explique un journaliste anonyme de Kotaku. C’était très difficile d’obtenir des voix quand les candidats d’en face recevaient des fortunes de la part de donateurs privés, alors je n’arrivais pas à changer les choses. Dans le monde du jeu vidéo c’est plus facile : on affronte des individus pour la plupart assez pauvres, alors j’arrive enfin à faire entendre mes idées sans que quiconque ne puisse se faire mieux entendre que moi. »

« À la base, je voulais faire critique de films, se justifie un journaliste anonyme de Polygon. Mais comme je n’y connais rien en cadrage et tout ça, je n’ai pas passé les entretiens. Alors j’ai tenté ma chance sur un site parlant de jeux vidéo : non seulement il y a aussi vidéo dans le titre, mais en plus ils n’ont pas testé mes connaissances ni mes compétences, alors c’est passé tout seul. »

« Personnellement c’est plutôt le sport qui m’intéresse, nous raconte un journaliste anonyme de chez IGN. J’ai toujours voulu commenter des matchs de foot. Sauf que ma voix sonne comme un pare-brise qui frotte contre des galets en rotant. Pas glorieux. Alors je me suis mis à commenter le foot sur consoles, comme ça je peux juste écrire et personne ne m’envoie des crucifix à la figure quand je demande du sel à la-voisine-en-face. »

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